La loi du désert

 

Le soleil est déjà haut, et l’atmosphère est remplie d’un brouillard bleu qui floute les montagnes.

Nous commençons par le Salt Creek Interpretive Trail, mais la rivière en question, qui est censée abriter des pupfishes, est à sec pendant l’été. Nous traversons ensuite Mustard Canyon, Furnace Creek, puis Artist Drive, Natural Bridge Canyon, et enfin Badwater.

Nicolas part visiter Mosaïc Canyon pendant que je fais la sieste et à mon réveil, je suis ronchon. Nous partons voir le coucher de soleil à Zabriskie Point et à Dante’s View.

Nous arrivons à Dante’s View après le coucher de soleil, et Nicolas boude. Nous nous consolerons avec des quesadillas et des bières de la Sierra Nevada.

Au visitor center, il y avait une exposition de photos anciennes. Sur l’une d’elles, un homme ramenait à dos de mules, les corps desséchés de deux prospecteurs morts de soif dans la vallée. Quelqu’un avait trouvé intéressant de prendre un cliché à ce moment-là.

Et même dans un motel climatisé, avec un choix de vingt bières à la pression, le désert gagne toujours : parce qu’il s’agit plus d’une forme de survie.

C’est ici la fin de ce périple, demain nous prenons l’avion à Los Angeles pour rentrer chez nous.

Nous avions été partout, et nous n’avions rien vu. Je me surprends à penser aujourd’hui que notre voyage n’avait fait que souiller de longs méandres de fange ce pays immense et admirable, cette Amérique confiante et pleine de rêves, qui n’était déjà plus pour nous, rétrospectivement, qu’une collection de cartes écornées, de guides disloqués, de pneus usés […].

Lolita – Vladimir Nabokov

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